lundi 27 janvier 2025

Camélia

Comme fleurs d’hiver, on a les hellébores, perce-neige, hamamélis, mais aussi le camélia. La plante cultivée depuis longtemps en Chine et au Japon est arrivée en Europe à la fin du XVIème siècle mais son essor en France est dû à Joséphine de Beauharnais la première épouse de Napoléon qui en plantera des massifs dans le parc de Malmaison.

En 1848, Alexandre Dumas publie « La dame aux camélias » : l’héroïne, une courtisane, porte un camélia blanc… si elle est disponible pour ses amants. Dans le cas contraire, il est rouge ! Histoire mise en musique par Verdi dans son opéra « La Traviata ».

Coco Chanel (1883-1971) la grande créatrice de mode en fera son emblème. Il figure partout dans ses collections, toujours blanc. On dit qu’elle aimait beaucoup cette fleur parce qu’inodore : elle n’interfère pas avec son parfum Chanel n°5 ! Et c’est elle à l’origine des camélias à la boutonnière, symboles de l’élégance parisienne à la « Belle Epoque ».

Le nom « camélia » vient du Père Jésuite Joseph Kamel et il a été ainsi baptisé par le célèbre naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) en hommage à ses travaux de botanique aux Philippines. 

Linné est le créateur de la nomenclature binominale encore en vigueur aujourd’hui en botanique et en biologie : chaque espèce vivante reçoit un nom latinisé complété d’un adjectif pour la variété. C’est ainsi que cet arbuste est appelé « camellia japonica » (avec 2 l), mais il y a d’autres variétés par exemple le « camellia sinensis » (le théier).

 Autant savoir.

samedi 25 janvier 2025

Vaisselle

Vaisselle, vase, vaisseau : trois mots de significations complètement différentes et qui pourtant ont la même étymologie !

Ils dérivent tous trois du mot latin « vascellum » qui désignait un récipient et tout naturellement a donné notre vase (de fleurs). Mais au Moyen-Age, sur la table des festins trônait un grand vase contenant des assiettes, couteaux, menus objets pour le repas. Le contenant a finalement désigné le contenu … la vaisselle. Et comme il avait la forme d’un bateau, on l’a appelé vaisseau de table.

On en voit un bel exemple dans une illustration du célèbre manuscrit de 1410 « Les très riches heures du duc de Berry ». C’est une pièce d’orfèvrerie de prestige destinée à éblouir les invités.







Vaisseau de table (à l'extrême droite)

Autant savoir.

mercredi 22 janvier 2025

Avoir voix au chapitre

C’est, dans un groupe, avoir le droit de donner son avis, d’exprimer une opinion qui peut influer sur une décision à prendre. L’expression vient de la vie monastique.

Chaque abbaye avait sa salle du chapitre ou salle capitulaire. C’est là que se réunissaient les moines autour de leur Père Abbé pour prendre toutes les décisions sur la vie de la communauté. A cette occasion, on relisait régulièrement un chapitre de la règle monacale, d’où le nom de cette salle.

En temps normal, les moines devaient garder le silence mais lors de ces réunions, ils pouvaient demander la parole et s’exprimer : on avait « voix au chapitre », c’est l’origine de notre expression.

                         Salle capitulaire de l'Abbaye cistercienne de Fontenay en Bourgogne (XIIème siècle, style roman)

Autre détail intéressant : c’est l’assemblée des moines qui élisait le nouveau Père Abbé lorsque le précédent était décédé. A cette occasion, chacun avait le droit de voter, selon le principe « un homme une voix », un bel exemple de démocratie, bien antérieur à notre suffrage universel ! Et c’était également le cas pour les religieuses, les sœurs choisissaient leur Mère Abbesse.

Autant savoir.

 

 

 

vendredi 17 janvier 2025

« Spleen » de Baudelaire

Voici un extrait des « Fleurs du Mal » (1857), une poésie de saison en ces jours de froidure et de brouillard. Pas très gai mais que c’est beau !

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'Espérance, comme une chauve-souris,

S'en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison imite les barreaux,

Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux … »

 

Les vers alexandrins sont passés de mode mais il faut reconnaître qu’ils font chanter la langue française et rendent inoubliables des textes comme celui-ci !

 « La poésie, c’est un sourire un jour de pluie » (Marie Rouille)

Autant savoir.

 

mardi 14 janvier 2025

Sourcier : à la recherche de l’eau

Autrefois, pour se fournir en eau, on creusait des puits. C’était le travail des puisatiers. Mais pour savoir où creuser, on avait recours aux sourciers. Ils se font plus rares aujourd’hui mais il y en a encore.

Ils sont réputés avoir un don particulier de radiesthésie qui leur permet de percevoir la nappe phréatique. Pour ce faire, ils s’aident d’un pendule ou plus souvent d’un bâton en forme d’Y. Le bois généralement utilisé est l’hamamélis qu’on appelle aussi faux coudrier (= faux noisetier) ou bois de sorcière (une déformation de « sourcière » !). Cette essence est considérée comme la meilleure pour transmettre les vibrations de l’eau souterraine.

Plusieurs études scientifiques récentes en laboratoire avec des sourciers réputés ont démontré le caractère aléatoire de leurs découvertes. Leur score de réussite dépasse à peine les 50 %. Probablement que sur le terrain, ils utilisent leur connaissance de l’environnement, du sous-sol et s’aident de leurs observations de la nature.

L’hamamélis ressemble au noisetier par sa forme et son feuillage mais il a la particularité de fleurir au milieu de l’hiver, une floraison jaune ou orangée dite « arachnéenne » (ayant la forme d’une araignée). A ne pas confondre avec le forsythia qui lui s’épanouit plus tard au printemps.

Autant savoir.

samedi 11 janvier 2025

La chasse aux sorcières… et aux chats

30.000, 40.000…70.000 ? On ne sait pas exactement, mais, au XVIème siècle, en Occident, des milliers de sorcières ont été condamnées au bûcher… et quelques rares sorciers aussi. Il fallait trouver des coupables aux famines ou aux épidémies.

Et bizarrement, les chats ont été également victimes de cette folie collective. Considérés comme des animaux démoniaques, ils étaient pourchassés ; sur certaines représentations, ils sont crucifiés, on les noyait aussi dans des sacs ou on les brûlait dans les feux de la Saint-Jean (au solstice d’été). A Ypres, lors du carême, ils étaient jetés dans le vide du haut du beffroi des Halles.

Une gravure de l’époque illustre bien cette cruauté, c’est le supplice d’une « sorcière » enfermée dans une cage avec une dizaine de chats au-dessus d’un bûcher !


Cette locution « chasse aux sorcières » désignait dans les années 1950 la croisade en Amérique contre tous ceux qu’on soupçonnait d’allégeance au communisme, une véritable paranoïa déclenchée par le sénateur McCarthy. Par extension, elle signifie maintenant la recherche systématique d’opposants ou de coupables.

Autant savoir.

 

mercredi 8 janvier 2025

Croque-mort

Voilà une bien étrange appellation pour ceux qui prennent en charge la dépouille mortelle d’un défunt. On entend dire que pour s’assurer que l’intéressé était bien mort, il fallait lui mordre l’orteil ! Pittoresque explication mais bien entendu tout à fait farfelue.

Autre version également erronée : cela viendrait des cadavres pendus à des crocs pendant les périodes de peste.

Non, le croque-mort, c’est celui qui « mange » le corps, le fait disparaître … dans un cercueil puis dans la tombe.

Mais on peut aussi penser que le terme « croque » serait à rapprocher du verbe « escroquer » qui veut dire dérober, voler. Les employés des pompes funèbres de jadis avaient la sinistre réputation de faire main basse sur les objets personnels du trépassé, bijoux, argent, pièces de vêtement … Ils subtilisaient discrètement ce qui avait appartenu au mort ! C’est évidemment bien injuste pour ces personnes qui s’occupent dignement de nos disparus, mais c’est peut-être l’origine du mot.

« Lit de mort » de Edvard Munch (1863-1944) peintre norvégien auteur du tableau "Le Cri"

Autant savoir.

 

samedi 4 janvier 2025

La bohème

Aznavour chantait :

 « Dans les cafés voisins / Nous étions quelques-uns / Qui attendions la gloire / Et bien que miséreux / Avec le ventre creux / Nous ne cessions d’y croire / Et quand quelques bistrots / Contre un bon repas chaud / Nous prenaient une toile / Nous récitions des vers / Groupés autour du poêle / en oubliant l’hiver / La bohème, la bohème / ça voulait dire tu es jolie / La bohème, la bohème / Et nous avions tous du génie. »

La bohème dans le langage courant, c’est la vie d’artiste, de saltimbanque, au hasard des rencontres. Le terme vient d’une région de Tchéquie où s’étaient réfugiés des nomades originaires de l’Inde, vivant dans des roulottes qui avaient été chassés de Grèce. Mais au début du XVème siècle, le roi de Bohème Sigismond 1er a voulu s’en débarrasser et c’est ainsi que ces gens du voyage sont arrivés en France où tout naturellement on les a appelés bohémiens. On a vite fait le rapprochement avec les troupes de comédiens qui allaient de ville en ville pour leurs spectacles, d’où le sens actuel qu’on retrouve dans la chanson d’Aznavour.

On les appelle aussi Gitans (<Egyptiens) parce qu’on croyait qu’ils venaient de ce pays ou Tsiganes (mot allemand dérivé lui aussi d’Egypte). De façon souvent péjorative, on parle de Manouches, Roms, Romanichels. Dans ces mots on retrouve la racine « manus » comme dans manuels, les gens qui travaillent de leurs mains.

Le compositeur Franz Liszt, d’origine hongroise, se sentait proche de ces nomades, il a écrit : « Le peuple bohémien est étrange, si étrange qu'il ne ressemble à aucun autre, en aucune chose. Il ne possède ni sol, ni cultes, ni histoire, ni code quelconque. Il continue d'exister en ne permettant à aucune influence, à aucune volonté, à aucune persécution, à aucun enseignement, soit de le modifier, soit de le dissoudre, soit de l'extirper. »

 Autant savoir.

 

mercredi 1 janvier 2025

Perce-neige

La fleur d’hiver par excellence c’est l’incontournable perce-neige qui pointe le bout de son nez en janvier. Il en existe 20 espèces (et beaucoup d’hybrides) cultivées par des passionnés appelés galanthophiles du nom scientifique latin de la plante : « galanthus » (littéralement « fleur de lait »).

Cette mini-fleur, symbole du renouveau de la nature et de l’espoir, est originaire de Turquie ; elle a été amenée en 1874 dans nos régions par le botaniste britannique Henry John Elwes.

Les collectionneurs gardent jalousement leur production. Les croisements étant très difficiles à réaliser, les bulbes rares sont onéreux; dans les bourses d'échanges, les prix peuvent s'envoler.

On peut en admirer de nombreux exemplaires à l’arboretum de Kalmthout (au nord d’Anvers) entre la mi-janvier et la mi-février où ils s’épanouissent au pied des hamamélis, un arbuste qui fleurit lui aussi au milieu de l’hiver.

Le mot « perce-neige » apparaît pour la première fois dans la littérature en 1641 dans la « Guirlande de Julie », un recueil de poèmes sur les fleurs écrits par un aristocrate qui voulait ainsi déclarer sa flamme à la « merveilleuse Julie », la fille du Marquis de Rambouillet.

Autant savoir.

 

 

Heure d’été

Avant 1940 , la Belgique et la France étaient dans le fuseau horaire de Greenwich (GMT), un décalage d’une heure (-1) par rapport à mainte...