vendredi 10 juillet 2026

Molosse

Un molosse dans le langage familier, c’est un gros chien, pas nécessairement dangereux mais imposant par sa taille et son poids. En employant ce mot, sans le savoir nous faisons référence à un épisode bien lointain de l’Antiquité grecque.

Les Molosses étaient une peuplade qui au IVème siècle avant JC habitait l’Epire, une région des Carpathes au nord de la Grèce. Ils étaient connus pour élever des chiens de taille impressionnante qu’ils utilisaient pour protéger leurs campements mais aussi au combat, comme le relatent Plutarque et Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle ». Ces auteurs latins racontent aussi qu’Alexandre le Grand (356-323 avant JC) avait reçu du roi d’Epire un chien Molosse appelé « Péritas » et qu’il avait éduqué lui-même.

Image illustrative de l’article Jennings Dog

« Jennings dog » sculpture en marbre d'un chien molosse d’Epire (IIème siècle avant JC, British Museum). Jennings est le nom de l’antiquaire anglais qui, au XVIIIème siècle, a acheté dans une échoppe à Rome cette statue et l’a ramenée en Angleterre.

Parmi les races de chiens « molosses », on peut citer le Mastiff anglais, le Cane corso, le Leonberg, le Saint-Bernard, les variétés de Dogues, le Terre-Neuve, le Mâtin de Naples…

Autant savoir.

 

lundi 6 juillet 2026

Ecologie et kérosène

L’avion est le mode de transport le plus polluant et pourtant en Europe et un peu partout dans le monde, le kérosène n’est soumis à aucune taxe, contrairement à l’essence ou au diesel de nos voitures. Cela date de la convention de Chicago du 7 décembre 1944 : afin de promouvoir l’aviation civile, de nombreux états ont convenu à ce moment de défiscaliser le kérosène et cette situation perdure depuis lors. De plus, dans de nombreux pays comme la Belgique et la France, la TVA ne s’applique pas sur les billets d’avion mais bien sur les tickets de tram, de métro, de train… 


Le bon sens écologique voudrait que l’on mette fin à cette défiscalisation du kérosène et que l’on rende le transport aérien nettement plus cher, mais il faudrait un consensus international qui jusqu’à présent fait défaut.

Autant savoir.

dimanche 28 juin 2026

Tonnerre de Brest !

Parmi le langage fleuri du Capitaine Haddock, c’est le juron qui revient le plus souvent. Ce n’est pas une invention d’Hergé, son origine remonte au terrible orage survenu la nuit du 14 au 15 avril 1718 en Bretagne et particulièrement dans les localités de la côte. C’était la nuit du Vendredi Saint et selon les récits de l’époque, la foudre est tombée dans la même heure sur 24 églises différentes où l’on sonnait le tocsin pour avertir la population. Trois sonneurs de cloches ont été foudroyés. Ce phénomène a été interprété comme une punition divine et a marqué les esprits.

L’expression a été ensuite reprise au début du XXème siècle pour désigner les coups de canon qui avertissaient de l’ouverture et la fermeture des portes de l’arsenal de Brest. Elle se retrouve ensuite sous la plume de divers écrivains mais bien sûr ce sont les albums de Tintin qui l’ont rendue tellement populaire.

Autres insultes ou jurons du Capitaine : mille millions de mille sabords, moule à gaufres, crétin des Alpes, Bachi-bouzouk, ectoplasme, marin d’eau douce, schizophrène, boit-sans-soif, cercopithèque, pignouf, satrape, moussaillon du diable, ornithorynque…

Autant savoir.

 

lundi 22 juin 2026

« Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »

Ce manifeste date de 1791, en pleine Révolution Française ; on le doit à Olympe de Gouges, une ardente féministe qui voulait compléter la fameuse « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 en prônant l’égalité des sexes et revendiquant l’émancipation féminine. Son article 1er dit : « La femme naît et demeure égale à l’homme en droits ». Elle avait aussi des idées d’avant-garde sur d’autres sujets : elle s’opposait notamment à l’esclavage et à la peine de mort.

Cette déclaration des droits de la femme était adressée à la reine Marie-Antoinette à qui elle demandait de défendre le « sexe malheureux ». Notre Olympe, pourtant démocrate convaincue, a voulu porter secours à Louis XVI lors de son procès et s’opposer à son exécution. Ses prises de position contre Robespierre lui ont valu d’être guillotinée le 3 novembre 1793, quelques jours après celle que ses juges appelaient « la veuve de Louis Capet ».

Une image contenant texte

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Voici trois extrais de ses écrits qui reflètent bien sa personnalité :

« Le sang, même celui des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les révolutions. »

« Un bon impôt sur le luxe effréné ! Ah ! Combien l’humanité applaudirait celui-ci. »

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »

Olympe de Gouges (1748-1793)

Autant savoir.

 

 

 

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vendredi 19 juin 2026

Canicule


La canicule signifie littéralement « la petite chienne », on retrouve dans le mot la racine latine « canis » (chien).

Les Anciens appelaient « canicule » une étoile de la constellation du « Grand Chien », maintenant on la nomme « Sirius » (= ardent en grec). Cette étoile, la plus brillante dans la nuit et la plus proche du système solaire, a la particularité de se lever en même temps que le soleil du 22 juillet au 23 août (elle est visible à l’aube) ; c’est donc l’étoile de la chaleur !

Au premier siècle de notre ère, Pline l'Ancien écrivait : « Quant à la Canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l'ardeur du soleil ? »

Et bizarrement, pour du mauvais temps, on dira que c’est un « temps de chien » !

Autant Savoir.

 

 

dimanche 14 juin 2026

Mots compliqués de la langue française


Dans le vocabulaire de la langue française, on trouve des termes rares, alambiqués pour désigner nos petits travers, nos manies, nos défauts. En voici quelques-uns peu employés qu’on ne place pas facilement dans une conversation mais qu’on rencontre dans la littérature :

-            Atrabilaire : qui a mauvais caractère, coléreux.

-            Hypocondriaque : toujours anxieux, dépressif, malade imaginaire.

-            Valétudinaire : si l’on est de santé précaire, souvent malade.

-            Procrastinateur : celui qui remet toujours un travail à plus tard, ne sait pas se décider à entreprendre quelque chose.

-            Ultracrépidarianisme : quand on s’exprime en dehors de sa compétence.

-            Psittacisme : répéter des phrases ou des idées entendues sans vraiment les comprendre … comme un perroquet.

-            Callipyge : défaut physique, l’embonpoint au niveau du bassin.

-            Triskaïdékaphobe : la phobie du chiffre 13.

-            Arachnophobe ; la peur des araignées.

-            Prognathe : faciès avec la mâchoire inférieure proéminente… comme Charles-Quint représenté en peinture.

-            Béjaune : naïf, sans expérience.

-            Lucaniste : amateur de cerfs-volants … etc.

Vous ne connaissez pas ces mots mais vous faites votre mea culpa ? Alors vous êtes résipiscent, vous reconnaissez votre erreur en la regrettant et en demandant pénitence !

Autant savoir.

 

mardi 9 juin 2026

Séquoia

Le séquoia, cet arbre géant, est originaire de Californie où l’on trouve des spécimens vieux de 2 à 3000 ans qui culminent à plus de 100 mètres avec un diamètre de 10 mètres à la base. Il a été introduit en Europe au XIXème siècle principalement dans les parcs de châteaux. Son écorce épaisse et fibreuse est de couleur rougeâtre, d’où son nom anglais « Redwood ».

Une image contenant plein air, plante, trompe, arbre

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Il a été baptisé « séquoia » en 1847 par le botaniste Stephan Endlicher en hommage à Sequoyah, un amérindien autodidacte qui à partir de 1809 a créé un alphabet pour retranscrire la langue du peuple Cherokee : il comporte 86 signes, un pour chaque syllabe.

Il faudra beaucoup de persévérance et d’ingéniosité à Sequoyah pour faire connaître ce syllabaire et qu’il soit adopté par les Cherokees. Il l’enseignera d’abord à sa fille de 6 ans et avec elle, fera des démonstrations dans les réserves indiennes. Peu à peu, les chefs des tribus seront convaincus de son intérêt et son travail reconnu d’utilité publique.

Une image contenant statue, plein air, monument, arbre

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Buste de Sequoyah dans l’Oklahoma (Léonard Murphy, sculpteur)

Un district de l’Oklahoma porte son nom. Le conifère a d’abord été appelé le géant de Wellington (le vainqueur de Waterloo) avant d’être dénommé séquoia.

Autant savoir.

vendredi 5 juin 2026

« On n’est pas sorti de l’auberge ! »

Cela signifie « Il reste du travail à faire, des obstacles à surmonter… »

Que vient faire l’auberge là-dedans ? En argot « auberge » veut dire « prison », là où on reçoit le gîte et le couvert. Littéralement, notre expression veut donc dire « Ne pas en avoir fini avec sa détention » et par extension « Ne pas en avoir fini avec les problèmes, les difficultés ».

Mais c’est à partir de l’affaire de l’Auberge rouge que l’expression est devenue populaire. Une affaire criminelle qui a fait grand bruit en France au début des années 1830. Les époux Pierre et Marie Martin tenanciers d’une auberge à Peyrebeille dans l’Allier ont été accusés d’avoir détroussé et occis plusieurs de leurs clients avec l’aide de leur domestique Jean Rochette. On leur a même imputé la disparition de 53 personnes dont ils auraient brûlé les corps dans le four à pain mais faute de preuves, ils ont été finalement condamnés pour un seul assassinat et quatre tentatives. Les trois compères ont été guillotinés en 1833 sur les lieux de leurs crimes et depuis lors, on dit qu’on n’est pas sorti de l’auberge quand on risque de très gros ennuis !

Nos cousins québécois ont une locution équivalente : « on n’est pas sorti du bois ». Sans doute une allusion aux forêts profondes du pays dans lesquelles on peut se perdre…

Autant savoir.

 

 

 

mardi 2 juin 2026

Du smiley à l’émoji

En 1963 apparaît le premier smiley inventé par Harvey Ball, un américain employé dans une société d’assurances. Cet idéogramme devait contribuer à un esprit positif au sein de l’entreprise. Les gens du marketing ont tout de suite réalisé l’intérêt de cette communication simple et rapide, un langage universel compris de tous partout dans le monde et c’est le succès pour cette boule jaune souriante, symbole d’approbation. Elle sera vite suivie par l’inverse : le sourire devient une moue quand on désapprouve !

Cette représentation imagée inspire les informaticiens qui composent dans les années 1980 des émoticônes en utilisant les ponctuations et caractères du clavier. Et cela permet d’exprimer un sentiment comme la joie, la bonne humeur avec « :-D ».

Les premiers émojis ont été créés en 1997 pour le groupe japonais Softbank (portail internet Yahoo) mais leur véritable développement est dû à Shigetaka Kurita (de NTT Docomo) qui invente une série de 172 émojis. Ils seront progressivement insérés dans les claviers des ordinateurs et des smartphones, ce qui les rendra facilement accessibles contrairement aux émoticônes. Depuis lors, ils ne sont plus cantonnés aux expressions du visage, on trouve de tout : des animaux, des plantes, des symboles d’activités, des objets et leur utilisation augmente sans cesse. Les hiéroglyphes des temps modernes !

Le mot émoji est entré dans l’édition 2017 du dictionnaire « Le Petit Robert ».

Autant savoir.

 

 

 

mardi 26 mai 2026

Bourgeois de Calais

Ce groupe statuaire en bronze d’Auguste Rodin (1840-1917) représente six personnages hagards, désespérés. Ce sont des notables de Calais qui vont se livrer volontairement au roi Edouard III d’Angleterre. Ce dernier, vainqueur du siège de la ville, a exigé que six bourgeois se sacrifient pour épargner la vie des autres habitants. Finalement la reine intercédera en leur faveur et ils seront graciés.

Cela se passe en 1347 et cet épisode de la guerre de cent ans est raconté par Jean Froissart dans ses Chroniques mais ce que l’on sait moins, c’est que le récit de Froissart (qui avait 10 ans au moment des faits !) est emprunté à un autre chroniqueur Jean Le Bel, un chanoine liégeois, qui faisait partie de l’entourage du roi d’Angleterre (La Chronique de Jean Le Bel était le sujet de mon mémoire de fin d’études romanes). De nos jours, on parlerait de plagiat, mais c’est le nom de Froissart qui est passé à la postérité !

Groupe statuaire des Bourgeois commandé à Rodin par la ville de Calais, inauguré en 1895, érigé devant la Mairie de cette cité du Nord.

Autant savoir.

lundi 25 mai 2026

Les Haïkus japonais

Le « Haïku » c’est un court poème de trois vers qui nous vient du Japon. Il célèbre la nature, les saisons, le temps qui passe et est porteur d’émotion. Le créateur de cette forme brève de poésie est Basho Matsuo (1644-1694). Les règles en japonais sont très strictes, le poème doit comporter 17 « mores » répartis en 5/7/5. Pour faire simple, on dira que les « mores » correspondent à nos syllabes.

Voici un des plus célèbres haïkus de Basho adapté en français :

 « Un ancien étang / Une grenouille qui plonge / Le bruit de l’onde »

En Occident, certains s’y sont risqués, comme Alain Legoin par exemple :

« Au vent de la mer / ondulation des épis / en vagues vertes »

En Belgique, l’ancien Premier Ministre qui a été aussi Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy aimait beaucoup en composer. En voici un :

« Sautillant, sautant / l’oiseau dans l’herbe pénètre / l’été à grands pas »

Et aux politiciens belges en pleine négociation pour une énième réforme de l’état, il avait envoyé cette dédicace : « Pour une Belgique plus haïku et plus zen ».

Chacun peut s’y essayer…

Autant savoir.

mercredi 20 mai 2026

La cathédrale de Strasbourg sauvée par le bonnet phrygien

Quand la Révolution française éclate en 1789, la tour de la cathédrale de Strasbourg est la plus haute d’Europe (142m !). Les sans-culottes alsaciens ont voulu abattre ce symbole du christianisme abhorré. L’affaire est mise en délibération ; un artisan local appelé Sultzer voulant éviter la destruction de ce monument emblématique de la ville, a une idée géniale : pourquoi ne pas placer en haut de la flèche le bonnet phrygien porté par les adeptes de la nouvelle République ? Il sera vu d’Allemagne ! L’idée est approuvée dans l’enthousiasme et l’on construisit en tôle un gigantesque couvre-chef rouge qui fut hissé au sommet de l’édifice ! Cet appendice pour le moins grotesque restera en place une dizaine d’années, jusqu’en 1802. Mais soyons reconnaissants à ce Sultzer, grâce à qui nous pouvons encore admirer cette superbe cathédrale !



Longtemps conservé dans un musée, ce bonnet métallique sera détruit pendant la guerre de 1870. Dans les rues de Strasbourg, certaines enseignes représentent une image saugrenue : la flèche de la cathédrale surmontée de cet insigne révolutionnaire !




Le bonnet phrygien, symbole de la liberté en France, est d’origine antique. Il doit son nom à une région de l’actuelle Turquie et était porté par les esclaves affranchis dans l’empire romain.

Autant savoir.

dimanche 17 mai 2026

Bretzel

Biscuit ou pâtisserie, le bretzel est un symbole de l’Alsace à côté de la choucroute, des cigognes, des maisons à colombages, de la flammekueche ou du riesling. On trouve sa première représentation dans une enluminure d’un manuscrit rédigé à l’abbaye du Mont Sainte-Odile à la fin du XIIème siècle, le « Hortus Delicarum ».

Description de cette image, également commentée ci-après

Enseigne en Bavière.

Sa forme est très particulière, un nœud ou des bras enlacés, ce qui a donné une légende quant à son origine : un boulanger menacé d’exécution par le roi a vu son épouse implorer son pardon avec les bras croisés sur sa poitrine. Ce qui a donné l’idée au boulanger de cuire un pain avec cette forme mais au moment d’enfourner, du sel est tombé sur la pâte, d’où le bretzel. La légende dit que le roi ravi de cette trouvaille a gracié l’artisan.

Le terme est une transposition de l’allemand « brezel » lui-même dérivé du latin « bracchium » (= le bras). Mais certains prétendent que cela vient du nom d’un village italien « Brescello » dont était issu le boulanger qui a popularisé cette recette. Il a voulu rendre hommage au lieu où il était né et qui se disait dans le dialecte local « Bresèl ».

Le mot Alsace a une origine à la fois allemande et latine : du côté germanique on y voit un dérivé de l’ancien allemand « Elsass » qui signifiait « lieu de la rivière ill » tandis que pour les latinistes, le terme est une combinaison du nom de ill + satia (= contrée, région) mais le sens est le même : allusion à ce cours d’eau le ill qui traverse le pays pour se jeter dans le Rhin.

Autant savoir.

 

mercredi 6 mai 2026

Tronche

« Tirer la tronche » ou « faire la tronche », c’est, dans le langage familier, bouder, avoir une figure renfrognée, on est d’humeur chagrine, rien ne va. Le mot tronche est dérivé du latin « tronca » : au XIIIème siècle, il devient « tronc », la souche de bois, le fût de l’arbre. Mais dans la littérature du XVIème siècle, on l’utilise aussi pour la tête, le visage.

A l’époque de la Terreur, quand la guillotine faisait de nombreuses victimes, le bourreau après l’exécution exhibait la « tronche » du supplicié (la tête séparée du … tronc) et cette tête bien sûr ne devait pas être très avenante. C’est peut-être là l’origine du sens de notre expression : avoir une mine patibulaire.

Et si Louis XVI n'avait pas été condamné à mort ? - Histoire Magazine

Et depuis lors, on dit : « Il fait une drôle de tronche » ou « se moquer de la tronche de quelqu’un ».

Autant savoir.

Molosse

Un molosse dans le langage familier, c’est un gros chien , pas nécessairement dangereux mais imposant par sa taille et son poids. En employa...