lundi 20 juillet 2026

Les dialectes des oiseaux

Dans le parler des humains, il y a des accents. Impossible de confondre le français du Marseillais avec celui du Namurois, de même le néerlandais d’un Gantois n’est pas guttural comme en Zélande.

C’est la même chose chez les oiseaux ! Un pinson du pays de la Loire ne chante pas comme son cousin alsacien. Le thème est le même mais les ornithologues vous diront percevoir des sonorités différentes. Normal, les oiseaux apprennent à chanter ou à piailler en imitant leurs parents et leurs congénères du lieu où ils vivent. Et des différences existent entre les régions, des dialectes de volatiles en quelque sorte.

Les oiseaux d’une même espèce, malgré les accents, arrivent sans doute à communiquer entre eux de façon plus élaborée qu’on ne le pense. En revanche, un merle comprend-il un rossignol ? Pas sûr… C’est sans doute comme pour nous : la langue russe pour un Portugais, c’est du chinois !

Troglodyte mignon

Autant savoir.

vendredi 17 juillet 2026

Colonie de Merksplas, patrimoine mondial de l’UNESCO

Les SDF, réfugiés, sans abri encombrent nos villes et ce phénomène ne fait que s’amplifier sans que l’on trouve de solution. Au XIXème siècle, on a essayé de lutter contre ce phénomène avec une idée innovante.

En 1817, à l’initiative de notables hollandais, la « Société de la Bienfaisance » voit le jour dans le Royaume des Pays-Bas (dont faisait partie l’actuelle Belgique). Son objectif est de lutter contre la pauvreté en remettant au travail des indigents : le principe de base est de les héberger et leur donner une parcelle de terrain à cultiver afin qu’ils subviennent à leurs propres besoins. Sept colonies agricoles se sont ainsi développées, cinq aux Pays-Bas et deux dans la Campine belge : Wortel et Merksplas.

Ces implantations ont rencontré du succès et ont mis au travail des milliers de gens sans ressources mais le sol de la région étant pauvre, elles ne sont pas parvenues à l’autosuffisance. En 1842, c’est la faillite. Wortel et Merksplas devenues belges en 1830 ont été étatisées et transformées en institutions de bien-être pour vieillards, handicapés, personnes sans ressources et à partir de 1920 pour malades psychiatriques.

Durant la deuxième guerre mondiale, le régime Nazi a expulsé les occupants et a utilisé Merksplas comme camp de concentration pour Juifs. Mais après 1945, déshérités et mendiants y trouvent de nouveau refuge jusqu’en 1955, le point final de cette expérience.

Depuis lors, Merksplas avec ses 600 hectares a été reconverti en lieu de mémoire pour ces milliers de gens qui y ont vécu, avec photos, témoignages, récits et on peut visiter les divers bâtiments. Une partie du site a été aménagée en hôtel (Colonie 7) et une autre est devenu un centre fermé pour illégaux géré par l’Office des Etrangers.

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Hôtel « Colonie 7 » de Merksplas

Ces colonies étaient une initiative généreuse et elles ont fonctionné pendant plus d’un siècle comme outil de réinsertion. En 2021, elles ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Autant savoir.

Merci à Hilde H et Yves de F pour leur contribution à cet article.

 

lundi 13 juillet 2026

Notre planète exténuée

Extrait d’un article de Bruno Colmant paru dans « La Libre » du 10 août 2022 :

« Chaque jour me rend plus inquiet car nous sommes devant des silences qui précèdent les grands périls (…) La révolution industrielle a conduit, surtout depuis les années 1970, à engager les humains dans une course frénétique et narcissique à la croissance et à la possession (…) Nous avons aspiré le futur de la planète au travers de sa surexploitation (…) La planète exténuée va rendre les humains encore plus furieux des déséquilibres et des raréfactions qu’elle impose (…) Nous ne pouvons plus dissocier économie et écologie car l’avidité de l’enrichissement entraîne le saccage de la nature (...) Le capitalisme néolibéral n’est plus compatible avec le défi climatique.»

Bruno Colmant est un économiste réputé, membre de l’Académie Royale de Belgique, et ancien CEO de la banque d’affaires Degroof-Petercam … il sait donc ce que c’est le capitalisme néolibéral…

Et l’article se termine avec une citation de René Dumont, le premier candidat écologiste à la Présidence française, qui, en 1974, face aux caméras de la télévision, disait : « Je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisque, avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. »

Autant savoir.

 

De la plage au plagiat

La plage de sable ou de galets descend dans la mer… en pente, en oblique donc. Et c’est là son étymologie, le mot vient du grec ancien « plagios » qui voulait dire « penché, en oblique, de travers ».

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Mais par la suite, « plagios » a pris un sens imagé et a été utilisé pour quelqu’un qui n’est pas droit dans ses bottes, comme on dit : un fourbe, un tricheur. Et dans la Rome antique, on retrouve le terme « plagiarius », c’est un escroc spécialisé dans le trafic d’esclaves volés à leur « propriétaire ».

Le terme est devenu « plagiaire » en français dès le XVème siècle et il a pris le sens que nous lui connaissons : quelqu’un qui s’approprie le travail d’un autre, se fait passer pour l’auteur et son œuvre est le « plagiat ».

Plage et plagiat, même origine, encore une bizarrerie linguistique.

Autant savoir.

 

vendredi 10 juillet 2026

Molosse

Un molosse dans le langage familier, c’est un gros chien, pas nécessairement dangereux mais imposant par sa taille et son poids. En employant ce mot, sans le savoir nous faisons référence à un épisode bien lointain de l’Antiquité grecque.

Les Molosses étaient une peuplade qui au IVème siècle avant JC habitait l’Epire, une région des Carpathes au nord de la Grèce. Ils étaient connus pour élever des chiens de taille impressionnante qu’ils utilisaient pour protéger leurs campements mais aussi au combat, comme le relatent Plutarque et Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle ». Ces auteurs latins racontent aussi qu’Alexandre le Grand (356-323 avant JC) avait reçu du roi d’Epire un chien Molosse appelé « Péritas » et qu’il avait éduqué lui-même.

Image illustrative de l’article Jennings Dog

« Jennings dog » sculpture en marbre d'un chien molosse d’Epire (IIème siècle avant JC, British Museum). Jennings est le nom de l’antiquaire anglais qui, au XVIIIème siècle, a acheté dans une échoppe à Rome cette statue et l’a ramenée en Angleterre.

Parmi les races de chiens « molosses », on peut citer le Mastiff anglais, le Cane corso, le Leonberg, le Saint-Bernard, les variétés de Dogues, le Terre-Neuve, le Mâtin de Naples…

Autant savoir.

 

lundi 6 juillet 2026

Ecologie et kérosène

L’avion est le mode de transport le plus polluant et pourtant en Europe et un peu partout dans le monde, le kérosène n’est soumis à aucune taxe, contrairement à l’essence ou au diesel de nos voitures. Cela date de la convention de Chicago du 7 décembre 1944 : afin de promouvoir l’aviation civile, de nombreux états ont convenu à ce moment de défiscaliser le kérosène et cette situation perdure depuis lors. De plus, dans de nombreux pays comme la Belgique et la France, la TVA ne s’applique pas sur les billets d’avion mais bien sur les tickets de tram, de métro, de train… 


Le bon sens écologique voudrait que l’on mette fin à cette défiscalisation du kérosène et que l’on rende le transport aérien nettement plus cher, mais il faudrait un consensus international qui jusqu’à présent fait défaut.

Autant savoir.

dimanche 28 juin 2026

Tonnerre de Brest !

Parmi le langage fleuri du Capitaine Haddock, c’est le juron qui revient le plus souvent. Ce n’est pas une invention d’Hergé, son origine remonte au terrible orage survenu la nuit du 14 au 15 avril 1718 en Bretagne et particulièrement dans les localités de la côte. C’était la nuit du Vendredi Saint et selon les récits de l’époque, la foudre est tombée dans la même heure sur 24 églises différentes où l’on sonnait le tocsin pour avertir la population. Trois sonneurs de cloches ont été foudroyés. Ce phénomène a été interprété comme une punition divine et a marqué les esprits.

L’expression a été ensuite reprise au début du XXème siècle pour désigner les coups de canon qui avertissaient de l’ouverture et la fermeture des portes de l’arsenal de Brest. Elle se retrouve ensuite sous la plume de divers écrivains mais bien sûr ce sont les albums de Tintin qui l’ont rendue tellement populaire.

Autres insultes ou jurons du Capitaine : mille millions de mille sabords, moule à gaufres, crétin des Alpes, Bachi-bouzouk, ectoplasme, marin d’eau douce, schizophrène, boit-sans-soif, cercopithèque, pignouf, satrape, moussaillon du diable, ornithorynque…

Autant savoir.

 

lundi 22 juin 2026

« Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »

Ce manifeste date de 1791, en pleine Révolution Française ; on le doit à Olympe de Gouges, une ardente féministe qui voulait compléter la fameuse « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 en prônant l’égalité des sexes et revendiquant l’émancipation féminine. Son article 1er dit : « La femme naît et demeure égale à l’homme en droits ». Elle avait aussi des idées d’avant-garde sur d’autres sujets : elle s’opposait notamment à l’esclavage et à la peine de mort.

Cette déclaration des droits de la femme était adressée à la reine Marie-Antoinette à qui elle demandait de défendre le « sexe malheureux ». Notre Olympe, pourtant démocrate convaincue, a voulu porter secours à Louis XVI lors de son procès et s’opposer à son exécution. Ses prises de position contre Robespierre lui ont valu d’être guillotinée le 3 novembre 1793, quelques jours après celle que ses juges appelaient « la veuve de Louis Capet ».

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Voici trois extrais de ses écrits qui reflètent bien sa personnalité :

« Le sang, même celui des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les révolutions. »

« Un bon impôt sur le luxe effréné ! Ah ! Combien l’humanité applaudirait celui-ci. »

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »

Olympe de Gouges (1748-1793)

Autant savoir.

 

 

 

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vendredi 19 juin 2026

Canicule


La canicule signifie littéralement « la petite chienne », on retrouve dans le mot la racine latine « canis » (chien).

Les Anciens appelaient « canicule » une étoile de la constellation du « Grand Chien », maintenant on la nomme « Sirius » (= ardent en grec). Cette étoile, la plus brillante dans la nuit et la plus proche du système solaire, a la particularité de se lever en même temps que le soleil du 22 juillet au 23 août (elle est visible à l’aube) ; c’est donc l’étoile de la chaleur !

Au premier siècle de notre ère, Pline l'Ancien écrivait : « Quant à la Canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l'ardeur du soleil ? »

Et bizarrement, pour du mauvais temps, on dira que c’est un « temps de chien » !

Autant Savoir.

 

 

dimanche 14 juin 2026

Mots compliqués de la langue française


Dans le vocabulaire de la langue française, on trouve des termes rares, alambiqués pour désigner nos petits travers, nos manies, nos défauts. En voici quelques-uns peu employés qu’on ne place pas facilement dans une conversation mais qu’on rencontre dans la littérature :

-            Atrabilaire : qui a mauvais caractère, coléreux.

-            Hypocondriaque : toujours anxieux, dépressif, malade imaginaire.

-            Valétudinaire : si l’on est de santé précaire, souvent malade.

-            Procrastinateur : celui qui remet toujours un travail à plus tard, ne sait pas se décider à entreprendre quelque chose.

-            Ultracrépidarianisme : quand on s’exprime en dehors de sa compétence.

-            Psittacisme : répéter des phrases ou des idées entendues sans vraiment les comprendre … comme un perroquet.

-            Callipyge : défaut physique, l’embonpoint au niveau du bassin.

-            Triskaïdékaphobe : la phobie du chiffre 13.

-            Arachnophobe ; la peur des araignées.

-            Prognathe : faciès avec la mâchoire inférieure proéminente… comme Charles-Quint représenté en peinture.

-            Béjaune : naïf, sans expérience.

-            Lucaniste : amateur de cerfs-volants … etc.

Vous ne connaissez pas ces mots mais vous faites votre mea culpa ? Alors vous êtes résipiscent, vous reconnaissez votre erreur en la regrettant et en demandant pénitence !

Autant savoir.

 

mardi 9 juin 2026

Séquoia

Le séquoia, cet arbre géant, est originaire de Californie où l’on trouve des spécimens vieux de 2 à 3000 ans qui culminent à plus de 100 mètres avec un diamètre de 10 mètres à la base. Il a été introduit en Europe au XIXème siècle principalement dans les parcs de châteaux. Son écorce épaisse et fibreuse est de couleur rougeâtre, d’où son nom anglais « Redwood ».

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Il a été baptisé « séquoia » en 1847 par le botaniste Stephan Endlicher en hommage à Sequoyah, un amérindien autodidacte qui à partir de 1809 a créé un alphabet pour retranscrire la langue du peuple Cherokee : il comporte 86 signes, un pour chaque syllabe.

Il faudra beaucoup de persévérance et d’ingéniosité à Sequoyah pour faire connaître ce syllabaire et qu’il soit adopté par les Cherokees. Il l’enseignera d’abord à sa fille de 6 ans et avec elle, fera des démonstrations dans les réserves indiennes. Peu à peu, les chefs des tribus seront convaincus de son intérêt et son travail reconnu d’utilité publique.

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Buste de Sequoyah dans l’Oklahoma (Léonard Murphy, sculpteur)

Un district de l’Oklahoma porte son nom. Le conifère a d’abord été appelé le géant de Wellington (le vainqueur de Waterloo) avant d’être dénommé séquoia.

Autant savoir.

vendredi 5 juin 2026

« On n’est pas sorti de l’auberge ! »

Cela signifie « Il reste du travail à faire, des obstacles à surmonter… »

Que vient faire l’auberge là-dedans ? En argot « auberge » veut dire « prison », là où on reçoit le gîte et le couvert. Littéralement, notre expression veut donc dire « Ne pas en avoir fini avec sa détention » et par extension « Ne pas en avoir fini avec les problèmes, les difficultés ».

Mais c’est à partir de l’affaire de l’Auberge rouge que l’expression est devenue populaire. Une affaire criminelle qui a fait grand bruit en France au début des années 1830. Les époux Pierre et Marie Martin tenanciers d’une auberge à Peyrebeille dans l’Allier ont été accusés d’avoir détroussé et occis plusieurs de leurs clients avec l’aide de leur domestique Jean Rochette. On leur a même imputé la disparition de 53 personnes dont ils auraient brûlé les corps dans le four à pain mais faute de preuves, ils ont été finalement condamnés pour un seul assassinat et quatre tentatives. Les trois compères ont été guillotinés en 1833 sur les lieux de leurs crimes et depuis lors, on dit qu’on n’est pas sorti de l’auberge quand on risque de très gros ennuis !

Nos cousins québécois ont une locution équivalente : « on n’est pas sorti du bois ». Sans doute une allusion aux forêts profondes du pays dans lesquelles on peut se perdre…

Autant savoir.

 

 

 

mardi 2 juin 2026

Du smiley à l’émoji

En 1963 apparaît le premier smiley inventé par Harvey Ball, un américain employé dans une société d’assurances. Cet idéogramme devait contribuer à un esprit positif au sein de l’entreprise. Les gens du marketing ont tout de suite réalisé l’intérêt de cette communication simple et rapide, un langage universel compris de tous partout dans le monde et c’est le succès pour cette boule jaune souriante, symbole d’approbation. Elle sera vite suivie par l’inverse : le sourire devient une moue quand on désapprouve !

Cette représentation imagée inspire les informaticiens qui composent dans les années 1980 des émoticônes en utilisant les ponctuations et caractères du clavier. Et cela permet d’exprimer un sentiment comme la joie, la bonne humeur avec « :-D ».

Les premiers émojis ont été créés en 1997 pour le groupe japonais Softbank (portail internet Yahoo) mais leur véritable développement est dû à Shigetaka Kurita (de NTT Docomo) qui invente une série de 172 émojis. Ils seront progressivement insérés dans les claviers des ordinateurs et des smartphones, ce qui les rendra facilement accessibles contrairement aux émoticônes. Depuis lors, ils ne sont plus cantonnés aux expressions du visage, on trouve de tout : des animaux, des plantes, des symboles d’activités, des objets et leur utilisation augmente sans cesse. Les hiéroglyphes des temps modernes !

Le mot émoji est entré dans l’édition 2017 du dictionnaire « Le Petit Robert ».

Autant savoir.

 

 

 

Les dialectes des oiseaux

Dans le parler des humains, il y a des accents. Impossible de confondre le français du Marseillais avec celui du Namurois, de même le néerla...