Cet écrivain canadien d’origine haïtienne était proposé au prix Goncourt pour « C’était ça ou mourir ». Mais alors que le livre avait déjà reçu le prix roman 2026 de la FNAC, un post sur le réseau X affirme que le texte « est rédigé presque intégralement par une intelligence artificielle ». Tsunami pour l’auteur qui est aussitôt retiré de la sélection de l’Académie Goncourt et se voit accusé de toutes part de tromperie et plagiat.
C’est « Pangram »
un détecteur de l’IA réputé fiable qui est à la base de cette accusation. Est-elle
fondée ou non ? Probablement oui mais au-delà de ce cas précis, se pose la
question de l’authenticité de toutes les productions littéraires. Il en va de même avec les thèses des étudiants, un casse-tête pour les professeurs d'université. Le
doute s’installe partout…
L’essayiste Antoine
Buéno dans un article récent de « La Libre » (28/9/26) prend le
problème à contre-pied. Qu’on le veuille ou non, dit-il, l’IA existe et fait
souvent mieux que les humains. Alors autant l’utiliser comme on le fait déjà dans les entreprises ou administrations pour rédiger un mail ou une note … et personne ne trouve à redire à
cette démarche.
Dans le
domaine de la création littéraire, imaginons qu'à l’avenir, les
auteurs, signant un ouvrage, préciseront que le texte a été généré en partie
par l’IA. Tout leur talent consistera à l’utilisation de cet outil pour
faire quelque chose de beau, d’intéressant. On peut d’ailleurs lire « C’était
ça ou mourir » et aimer ce roman, le trouver attachant. Au lieu de se
cacher, Thélyson Orélien aurait peut-être dû annoncer de lui-même avoir fait appel à l'IA. Quel aurait été la réaction des milieux littéraires et du public ?
« Un livre écrit par un humain, nous pouvons l’adorer.
Le même, écrit par une machine ne serait pas digne d’intérêt. Pourquoi ? » interroge Antoine Buéno.
Autant savoir.